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Le contexte européen (français et allemand) du formalisme russe

Aleksandr Dmitriev

pp. 423-440

Cette étude retrace l’évolution de l’attitude des principaux formalistes (Viktor Shklovskij, Boris Ejhenbaum, Jurij Tynjanov) à l’égard de la science française et allemande depuis la réception de la « philologie acoustique » de Sievers et de Saran en 1916-1919 jusqu’au sentiment d’indépendance et de supériorité devant le « retard » de la philologie occidentale au cours de la seconde moitié des années 1920. Outre l’innovation proprement scientifique, deux facteurs ont joué un rôle essentiel dans ce processus d’auto-isolement : 1) la réduction des contacts entre les scientifiques soviétiques et les Occidentaux sous la pression du pouvoir communiste, et 2) le délitement général de la « république des lettres » en Europe après la Première Guerre mondiale. À partir de l’exemple de la façon dont le structuralisme de Roman Jakobson et de Nikolaj Trubeckoj (encore très liés au formalisme) fut reçu en France et de leur polémique avec André Mazon, on essaie de montrer le parcours accidenté de leur reconnaissance dans la slavistique mondiale, ainsi que les particularités « nationales » et idéologiques de cette réception. La transformation de l’image du formalisme qui, d’une école à demi oubliée de la philologie russe, est devenue une des principales doctrines littéraires de notre époque est due à son positionnement comme ancêtre direct du structuralisme (chez Jakobson) et à l’importance du facteur politique dans l’évolution de la slavistique et des sciences humaines au XXe siècle.


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Wladimir Berelowitch, Françoise Daucé (2002) Cahiers du monde russe 43 (2-3).