Serge Karcevski par lui-même : le curriculum vitae et un autre texte biographique

pp.77-90

https://doi.org/10.19079/actas.2016.1.77

ISO 690

CHIDICHIMO, Alessandro. Serge Karcevski par lui-même. In: Acta Structuralica, 2016, 1, pp.77-90 [http://doi.org/10.19079/acta.2016.1.77]

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CHIDICHIMO, A. (2016). Serge Karcevski par lui-même. Acta Structuralica. 1, pp.77-90. [http://doi.org/10.19079/acta..1.77]

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CHIDICHIMO, Alessandro. "Serge Karcevski par lui-même." Acta Structuralica, vol.12016, pp.77-90. [http://doi.org/10.19079/acta..1.77]

Abstract

Full Text

Dans les archives de l’Université de Genève sous la cote AAP 64/2012/16/1/1 se trouvent sous la cote AAP 64/2012/16/1/1 plusieurs copies du curriculum vitae de Karcevski, rédigées par lui-même à maintes reprises. Nous publions ici la copie de celui de 1933, qui reste la plus détaillé, et nous ajoutons en note de bas de page les autres données insérées par Karcevski dans les copies suivantes. On trouve, en effet, plusieurs copies manuscrites et tapuscrites de ce document, rédigées à des moments différents jusqu’en 1944 (termine post quem). Nous les avons intégrées en note de bas de page du texte, également en commentaires, si nécessaire. Enfin, nous publions une sorte de note biographique, en format tapuscrit, plutôt qu’un CV, trouvé toujours dans le même dossier, qui donne des informations supplémentaires sur le parcours de Karcevski. Ce document est un témoignage à la première personne sur la biographie de Karcevski, laquelle est toujours sujette à débat parmi les chercheurs, surtout en ce qui concerne la filiation des idées saussuriennes en Russie1

Curriculum Vitae de M. Serge Karcevski [1933]

Né à Tobolsk (Russie, Sibérie) le 28.VIII.1887. Après avoir terminé les études secondaires, suivit les cours à la Faculté historico-philologique de Kazan. Pendant la première révolution (1905-06), dut interrompre ses études, ayant été arrêté et emprisonné pour appartenance au Parti social-démocrate et condamné ensuite à la déportation. Ayant réussi à s’évader à l’étranger, devint émigré politique. Se consacra aux études scientifiques et littéraires. Eut la chance tout à fait exceptionnelle de devenir l’unique élève et disciple slave de l’illustre linguiste F. de Saussure qui enseignait à cette époque à la Faculté des Lettres de Genève ; après la mort de celui-ci continua ses études avec le successeur de F. de Saussure, M. Charles Bally. Outre les problèmes de linguistique générale et la linguistique russe, consacra beaucoup de temps à l’étude de la littérature russe. Publia également de nouvelles et fut proclamé lauréat au Concours des jeunes écrivains russes de 1910 (1445 participants ; prix obtenu : Frs. Or 2.000). S’intéressa aux problèmes de la pédagogie nouvelle dont Genève devint à cette époque le centre mondial, grâce à la création, en 1912, de l’Institut J. J. Rousseau2.

Rentré en Russie en 1917, enseigna pendant 1917-18, la langue et littérature russe dans un lycée et, en même temps prit une part active aux travaux de la Commission dialectologique de Moscou3Durant 1918-19 enseigna, en qualité de professeur adjoint à l’Université d’Ekaterinoslav et, en qualité de professeur, à l’Institut d’Hautes Études pédagogiques de la même ville, et au semestre d’été 1919, fut élu vice-recteur du dit Institut4

Ayant réussi à quitter la Russie, enseigna pendant 1920-22 la langue russe, en qualité de lecteur à l’université et à l’Institut des Htes études commerciales (en 1920-21 seulement) de Strasbourg. Pendant ce temps, outre une collaboration à plusieurs journaux russes et français (“Dernières Nouvelles”, quotidien publié à Paris par M.P.N. Milioukov5 et “Journal d’Alsace et de Lorraine” à Strasbourg ainsi que la revue “Alsace-Française”6 travailla à deux monographies : “Système du verbe russe” et “Mécanismes des aspects du verbe russe” destinées à servir de thèse de doctorat ès lettres.

Durant les années 1922-25, enseigna la langue et la littérature russes au lycée russe de Prague. Dans la même ville donna en 1923-24 un cours sur la langue russe et son enseignement à l’Institut pédagogique russe. En 1922-23, publia en français dans la revue de philologie et linguistique “Slavia” (Prague) deux mémoires sur le verbe russe7. En 1923 fonda et dirigea jusqu’à 1928, avec le Professeur S. Hessen8, une revue pédagogique russe : “École russe à l’étranger”, laquelle, entre autres, chercha à renseigner les nombreux pédagogues russes se trouvant à l’étranger sur la pédagogie soviétique, et cela avec toute l’objectivité possible. A cette revue collaborèrent plusieurs pédagogues éminents étrangers, p.ex. M. Pierre Bovet (Directeur de l’Institut J.-J. Rousseau à Genève), Mme. Dr. M. Montessori [,] M. Charles Baudoin, etc. etc. En 1925 publia une ‘Grammaire russe” (135 pages : Prague ; en russe) destinée aux classes supérieures des lycées russes se trouvant à l’étranger. Cette grammaire a été hautement appréciée par le célèbre linguiste A. Meillet, Professeur au Collège de France, (v. “Bulletin de la Société de linguistique de Paris”, 1926)9.

En 1927, soutint devant la faculté des lettres de Genève une thèse et obtint le grade de Docteur ès lettres “avec félicitations du jury” (=cum maxima laude). L’étoffe de cette thèse fut fournie surtout par les deux monographies sus-mentionnées, réduites quant à leurs dimensions et précédées d’une introduction de portée générale. L’Ouvrage n’a pas pu être publié que grâce à l’appui matériel de M.T. Masaryk, Président de la République Tchécoslovaque10. Son titre est “Système du verbe russe. Essai de linguistique synchronique” (pages 168, gr. format ; Prague “Plamja” 1927[)]. Cet ouvrage provoqua nombre de comptes rendus et d’articles en diverses langues (français, russe, tchèque, serbe, hollandais, etc. etc.) dont quelques-uns constituent de véritable monographies, tel p.ex. l’article de l’éminent slaviste N. Durnovo (“Slavia”, 191311 [sic]) qui ne mesure pas moins de 25 pages. On se bornera ici à mentionner l’article de M. A. Meillet (“Bulletin”, 1928) où le célèbre savant dit, entre autres, au sujet de l’introduction qu’elle constitue à elle seule « un véritable traité de linguistique, le plus pénétrante et le plus systématique qui existe »12. Cet ouvrage est depuis devenu un outil de travail indispensable à tout russiste et slaviste, voire même à tout linguiste lisant le russe. Tout récemment, M.J. Vendryes, Prof. de linguistique à la Sorbonne, écrivait : « Ce genre d’étude a été brillamment illustré par M. S. Karcevski dans son Système du verbe russe » (article dans le No. linguistique du “Journal de Psychologie”, Janvier-Avril 1933)13. La 2ème édition de “Précis de grammaire russe”, qui vient d’être publiée par M. J. Legras14, Professeur à la Sorbonne, expose le verbe russe d’après les idées du soussigné, etc.

En 1928, sur la recommandation du linguiste et pédagogue russe A. Pechkovski, le commissariat de l’Instruction publique publia un “Cours supérieur de langue russe” (Moscou, 1928, 112 pages) composé par le soussigné et destiné surtout aux instituteurs mais aussi aux élèves des deux dernières années de l’école du 2me degré. Le succès en fut très grand et le premier tirage fut épuisé au bout de quelques mois. L’une des personnalités faisant autorité dans ce domaine, le Prof. Polivanov15 appréciait ce manuel comme étant le meilleur qui ait paru jusqu’à ces jours ; M. A. Meillet (“Bulletin”, 1929) écrivait que cet ouvrage constituait « un modèle de ce qui devrait être fait pour chaque langue »)16. Cependant, comme l’auteur de ce “Cours” est un émigré et que le livre ne contient aucune étoffe pour la propagande communiste, le commissariat se ravisa et la réimpression du manuel fut défendue.

En automne 1927, invité par les organisateurs du 2me Congrès des philosophes polonais prit part, avec quelques autres invités non-polonais, aux travaux du dit congrès en faisant une conférence sur les rapports de la sémantique et la grammaire qui fut ensuite publiée en polonais dans les Travaux du congrès. C’est dans ces années-là que prit part à la fondation du Cercle linguistique de Prague, à ces publications, discussions ainsi qu’aux conférences convoquées par le Cercle. Ce mouvement linguistique est considéré actuellement par les savants comme un grand événement scientifique. L’apport le plus important du soussigné à ce mouvement est un mémoire (40 pages) sur l’intonation en tant que phénomène phonologique, débattu à la Ire Conférence internationale phonologique (Prague, 1930) et au 2me Congrès international de linguistes (Genève, 1931) dont le soussigné fit également partie du Comité, mémoire paru au T. IV. des “Travaux du Cercle linguistique de Prague” ; un autre rapport fut une sorte de “manifeste” signé par le Prince N. Troubetzkoy (Professeur à l’Univ. de Vienne), M. R. Jakobson (Prof. À l’Univ. De Brno) et le soussigné et présenté au Ier Congrès Intern. de linguistes (La Haye, 1929).

Pendant l’année 1927-28 enseigna, en qualité de privat-docent, ensuite et jusqu’au présent en qualité de chargé de cours, à l’Univ. de Genève, la langue et la littérature russes, fit un cours sur la langue et un autre sur la littérature tchèques. En janvier 1929, sur son initiative, fut fondé l’Institut d’études slaves de Genève, dont il continue à assumer la direction17.

En 1932 fut nommé membre-correspondant de l’Institut slave de Prague. Depuis 1926 est membre de la Société linguistique de Paris18.

Durant ces dernières années s’occupa beaucoup de questions se rapportant à la littérature russe et tout particulièrement de L. Tolstoï et Dostoïevski. Publia sur l’un et l’autre plusieurs études en russe et en français dont l’une : ‘Problème de la vérité et du mensonge chez L. Tolstoï (40 pages ; “Le Monde slave”, Paris, 1928) fut traduit en bulgare. En 1927 fut chargé par les éditions “Inselverlag” (Leipzig) d’écrire un gros ouvrage sur Léon Tolstoï. Malheureusement, vu l’absence de sources bibliographiques à Genève, l’ouvrage resta inachevé et bien qu’il se poursuive, il ne pourra être terminée que dans de conditions plus favorables.En 1932 fonda et dirige, en collaboration étroite avec le célèbre pédagogue Dr. Ad. Ferrière et l’éminent psychologue et écrivain Ch. Baudouin, une revue bis-mensuelle “Éveil, revue non conformiste” destinée à étudier les problèmes actuels dans un esprit d’humanisme nouveau.

Fit, pendant les dernières années un nombre considérable de conférence[s] publiques sur la littérature russe classique ou contemporaine, dans différents centres culturels (Prague, Genève, Neuchâtel, Lausanne etc.), sur l’invitation d’universités ou de sociétés de lettres.

Prépare en ce moment à la publication en langue française “La grammaire de la langue russe” (350 à 400 pages), ouvrage de consultation pour toute personne étudiant le russe et qui sera achevé vers la fin de cette année. Situation de famille : marié, la femme est Dr. en médecine ; deux enfants : une fille de 21 ans ayant fait sa maturité en Tchécoslovaquie, vient de terminer ensuite une école des arts industrielles à Prague ; un fils de 12 ans, lycéen à Nice.

La liste complète des publications parut dans “Matériaux pour la bibliographie des Travaux scientifiques des savants russes se trouvant à l’étranger” (en russe, Belgrade 1931, Ed. de l’Institut scientifique russe). Elle contient pour ainsi dire tout ce qui a été publié par le soussigné jusqu’à la fin 1929 (y compris les articles de journaux) et comprend 102 Nos19. Depuis, elle a augmenté de quelque 20 Nos. au minimum. Il ne peut être question de donner ici cette liste in extenso, ne seront citées que les plus importantes de ces publications.

Éditions à part

1°. La langue, la guerre et la révolution (en russe), Berlin 1923 pages 4220.

2°. Souvenirs des enfants russes dans l’émigration (en russe). Prague, 1924, Pages 27.

3°. La Grammaire russe, I (en russe) Prague, 1925, Pages 135.

4°. Nationalisme à l’école (comment présente-t-on la guerre de 1914-18 dans les écoles de différents pays) Prague 1926, Pages 24, (en russe)

5°. Système du verbe russe. Essai de linguistique synchronique. Prague 1927, Page 168.

6°. Cours de répétition de la langue russe (en russe) Moscou 1928, Pages 112.

7°. (Rédaction, préface et, en partie, traduction) : R. Rolland, vie de L. Tolstoï (en russe) Berlin, 1923, Pages 197.

Articles dans les revues scientifiques ou recueils.

1°. Sur l’esthétique de Dostoïevski (en russe). ‘Annales contemporaines’, vol. III, Paris 1921.

2°. Sur les néologismes russes (en russe). id. X. Paris 1922.

3°. Classification naturelle des verbes russes. – ‘Slavia’ 1922-23, Prague.

4°. Mécanismes des aspects, id. 1922-23

5°. Sur la philosophie et la politique (en tchèque) ‘Dobra Myšlenka’. Klastovy, 1927.

6°. Le problème de la vérité et du mensonge chez L. Tolstoï. ‘Le monde slave’, Paris 1928.

7°. L. Tolstoï écrivain classique. ‘École russe à l’étranger’ vol. 29-30, Prague 1929 (en russe).

8°. Slavistik in der Schweiz ‘Slavische Rundschau, III. Prague 1929.

9°. Du dualisme asymétrique du signe linguistique. Dans ‘Travaux du Cercle linguistique de Prague’, vol. I. Prague 1929.

10°. Sur la phonologie de la phrase ; id. vol. IV. Prague 1931.

11°. Autour d’un problème de morphologie. ‘Annales de l’Académie des sciences Finlandaises’ Helsinki 1932.

12°. Sur la structure du substantif russe. Mélanges en l’honneur de V. Mathesius’, Prague 1932, etc. etc.

Plusieurs traductions en russe d’articles pédagogiques, de l’anglais, du français et du bulgare.

Serge Karcevski [Note biographique]

Né à Tobolsk, il passe, après le gymnase, un an dans le haut Nord de la Sibérie, dans un village Vogoul où il fait la connaissance du savant finnois Kannisto21 et l’aide dans ses études de la langue vogoule. Inscrit à l’Université de Moscou, Karcevski entre dans le parti social-démocrate russe, parcourt la Russie jusqu’au Caucase, écrit dans des journaux de Nijni-Novgorode, Bakou etc…Arrêté à Moscou en 1906 pour son activité révolutionnaire, passe un an en prison dans des conditions effrayantes, réussit à s’évader et parvient jusqu’à Genève où il s’inscrit à la faculté des lettres.

Karcevski se fait immédiatement remarquer par ses professeurs : Ferdinand de Saussure, Bernard Bouvier, Charles Bally et Albert Sechehaye qui le traitent d’avantage en collègue qu’en étudiant.

En 1910, un concours pour une Nouvelle est ouvert à St Petersbourg par le Journal “Bergévyié Védomosti”. Karcevski écrit une petite nouvelle “Kolka” qui remporte le prix (2.000 roubles or). Gorki l’invite à collaborer à son journal “Znanie” et Karcevski lui envoie une nouvelle “Iamkarka” qui est [biffé ill.] qui paraît dans ce journal.

Une correspondance se poursuit avec Gorki. Entre temps il fait connaissance avec Romain Rolland, surtout à propos de Tolstoï et reste en correspondance avec lui.

Il donne une série de conférence sur Tolstoï à l’Institut J.J. Rousseau qui connaissent un grand succès.

S’étant définitivement tourné vers la linguistique Karcevski abandonne son activité d’écrivain.

Rentré en 1917 à Moscou, Karcevski expose à l’Université les théories de Ferdinand de Saussure appliquées à la langue russe. Il devient immédiatement le centre de linguistes distingués tels que les professeurs Nicolas Ouchakov22, Alexandre Pechkovski, N. Dournovo, Vinogradov.En 1918 Karcevski est appelé à la chaire de russe de l’Université d’Iekaterinoslav. Rentré en France en 1921 il est nommé prof. de langue et littérature russe à Strasbourg. Où il professe deux ans, avant de se rendre à Prague. Là avec Nikolas Troubetskoi et Roman Jacobson, il fonde le ‘Cercle linguistique de Prague’ qui déploie une grande activité et publie nombreux travaux. Également à Prague, il fonde un journal pédagogique en langue russe : ‘École russe à l’étranger’, qui fut très apprécié dans toutes les écoles russes à l’étranger.

En 1926, l’Edition d’État à Moscou publie sa ‘Grammaire de langue russe’ pour les classes supérieures gymnase, à propos de laquelle l’éminent linguiste, le Prof. Meillet, lui écrivit entre autre : « ce petit livre est délicieux à lire, » « cette grammaire est un modèle de ce qui doit être fait pour toutes les langues », « c’est lumineux !… ». Les 5.000 exemplaires parus ont été épuisés immédiatement. Cette grammaire a eu un grand retentissement dans les milieux enseignants de Russie.

En 1927, Serge Karcevski présente sont ‘Système du Verbe russe’ comme thèse de doctorat à la Faculté des Lettres à l’Université de Genève et obtient le titre de docteur ès lettres avec félicitations du jury.

C’est à Prague, en 1928, qu’en pleine séance du Congrès International des slavistes on lui apporta le télégramme du Département de l’Instruction Publique l’invitant à occuper la chaire de langue et de littérature russe à l’Université de Genève, crée à son intention.

Il fonde à Genève l’Institut d’Études Slaves en 1928, dont il est élu directeur jusqu’en 1936 et qui, par ses conférences, séminaires, cercles d’études et sa bibliothèque propagent les connaissances des langues et de la culture slaves.

Serge Karcevski est aussi, avec les professeurs Bally et Sechehaye le fondateur du cercle linguistique de Genève.

Invité par son ami, Alexandre Bélitch23, président de l’Académie des Sciences yougoslaves à prendre part au Congrès International des linguistes qui se tenait au mois de septembre de cette année à Belgrade, il a dû à son grand regret renoncer à ce voyage pour cause de santé.

Footnotes

  1. Nous avons recopié littéralement les textes écrits par Karcevski en partant des manuscrits et des tapuscrits.
  2. L’Institut Rousseau fut fondé à Genève en 1912 par Édouard Claparède (1873-1940).
  3. Cette période donna à Karcevski la possibilité de communiquer les idées saussuriennes à ses collègues moscovites. « Karcevskij became an apostle of the Saussurian school. Ha was the first who in 1917-1919 during his shortlived return to Russia, fired the young generation of Moscow linguists with the Cours de linguistique générale and applied its precepts to the study of contemporary Russian. » (cf. Jakobson 1971 : 518). Voir infra la note biographique.
  4. Dans une autre version du CV de 1943, on peut lire : « enseignement à l’Université, en qualité de lecteur, des langues française et anglaise, chargé d’un cours de linguistique russe, enseignement de la littérature russe à l’institut d’études pédagogiques supérieures ainsi qu’aux Cours de répétition pour les instituteurs. Directeur-adjoint du dit institut et des Cours de répétition Études du système du verbe russe. ».Sur la version manuscrite du CV, il y a toute une partie biffé que je recopie ici : « En automne 1919, se trouva à Rostov sur le Don occupé en ce moment par les armées blanches sous le commandement du général Denikine. Le Haut Commandement étant sur le point d’envoyer une délégation à Washington chargé d’une mission auprès du Président Wilson, fut adjoint à cette Délégation par le Ministère de l’Instruction publique afin d’étudier l’organisation des écoles aux États-Unis. La Délégation arrive à Paris au début du 1920, ne peut continuer son chemin vu la défaite des armées blanches. ». Les blanches dont Karcevski parle dans cet extrait étaient la faction opposée aux rouges bolcheviks durant la guerre civile.
  5. Il s’agit de Pavel Nikolaïevitch Milioukov (1859-1943), professeur à l’Université de Moscou, personnage de premier plan dans la politique russe de l’époque.
  6. On retrouve dans ces archives au moins un article publié dans cette revue par Karcevski à l’occasion du centenaire de la naissance de Dostoïevski (cf. AAP 64/2012/16/4/5).
  7. Cf. Karcevski 1922.
  8. Sergius Hessen [Sergej I. Gessen] (1887-1950), philosophe et pédagogue russe, auteur du volume Osnovy pedagogiki, Fondements de Pédagogie (1926). Il participa à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme (cf. Walicki 1998).
  9. Cf. Meillet 1925 : 203-204.
  10. Tomáš Masaryk (1850-1937), premier président de la République tchécoslovaque.
  11. Karcevski semble se tromper de date. Nikolai N. Durnovo (1876-1937).
  12. Cf. Meillet 1928 : 42. En effet, le compte rendu par Meillet est critique sur des points, mais reste malgré tout appréciatif du travail de Karcevski.
  13. Cf. Vendryes 1933 : 178.
  14. Jules Legras (1867-1939), à partir du 1929 professeur à la Sorbonne de littérature russe (cf. Chabot 1940 et le dossier AAP 64/2012/16/26/3 avec la correspondance avec Karcevski).
  15. Evgueni Polivanov (1891-1938) linguiste orientaliste soviétique.
  16. Cf. Meillet 1929 : 217.
  17. Pour toute la documentation par rapport à cet institut cf. AAP 64/2012/16/13/1-3.
  18. Cf. Séance du 5 décembre 1925, BSLP T. 27, 83 : IV. Dans la même séance furent élus Louis Hjelmslev (voir supra) et Viggo Bröndal. La candidature de Karcevski avait été présentée lors de la séance précédente par Meillet et André Mazon (Cf. Séance du 21 novembre 1925, BSLP T.27, 83 : II).
  19. Les publications de Karcevski se trouvent aux pages 139-143, avec les numéros 2392-2493, 102 publications justement entre 1920 et 1930. Ce texte a été réimprimé en 1970, je les cite à partir de cette édition (cf. Van Schooneveld 1970). Karcevski affirme dans la suite de son CV avoir ajouté encore 20 publications, ce qui nous donne donc à ce moment en 1933 122 textes publiés entre linguistique, littérature et textes pour les journaux. À ces publications viennent s’ajouter les 29 à propos de la linguistique et la stylistique, à partir de 1933 jusqu’en 1955, présents dans Jakobson 1956b (repris et intégré dans Karcevski 2000 : 261-264), pour un total de 151 textes. Mais la liste est plus longue si l’on prend en compte les publications jusqu’en 1955 portant sur la littérature et la politique publiées dans des revues et des journaux (voir supra).
  20. Texte disponible en ligne: http://crecleco.seriot.ch/textes/Karcevskij23.html.
  21. Juha Artturi Kannisto (1874-1943), professeur de linguistique finno-ougriennes à l’Université d’Helsinki. Cette rencontre et cette sorte de collaboration entre Kannisto et Karcevski ne me semble pas être connue.
  22. Il s’agit de Dmitry Nikolayevich Ushakov (1873-1942), alors Président de la commission dialectologique.
  23. Alexandre Bélic (1876-1960), linguiste serbe, professeur à l’Université de Belgrade et président de la Académie serbe des sciences.

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